Migrations vers les États-Unis : l’administration Biden observée de près

Written by on 9 mars 2021

Le dossier des migrants provenant de la frontière sud des États-Unis est l’un des dossiers qui étaient sur toutes les lèvres lors de la dernière élection présidentielle américaine. On pouvait dès lors affirmer que l’administration Biden gèrerait le dossier d’une manière drastiquement différente de celle de son prédécesseur.

 

Un legs difficile à assumer

Alors que Trump avait par le passé adopté une approche typiquement conservatrice envers l’immigration — tant l’immigration légale qu’illégale — Biden propose des politiques parmi les plus progressistes jamais vues à la maison blanche. Dès les premiers jours de son mandat, il a promis une politique qu’il a lui-même qualifiée de « saine et humaine ». Cette ouverture contraste grandement avec la ligne dure adoptée durant les années précédentes.

Les années de politiques nativistes à peine déguisées ont caractérisé le mantra « l’Amérique d’abord » de Trump. Elles ont donné lieu au refus à la frontière d’environ 70 000 demandeurs d’asile en attente du traitement de leur demande ainsi qu’à l’annulation du programme DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals). Ce dernier avait été mis sur pied durant la présidence de Barack Obama et avait pour but de protéger de la déportation les jeunes adultes arrivés clandestinement aux États-Unis durant leur enfance. Parmi les aberrations du régime Trump, il ne faut pas oublier le décret qu’il avait posé interdisant toute personne provenant d’un pays de confession majoritairement musulmane comme la Somalie, l’Iran ou le Yémen d’entrer aux États-Unis.

 

Les politique de Biden perçues d’un œil critique

Bien que les politiques de l’administration Trump ont été contestées et pointées du doigt par un bon nombre d’organisations de défense des droits de la personne, on ne peut dire que l’administration Biden bénéficie d’une confiance aveugle de la part de ces dernières. Au contraire, si l’annonce qu’aucun migrant mineur ne serait refoulé à la frontière aurait dû plaire à ces acteurs politiques, plusieurs l’ont plutôt considérée comme ayant un potentiel pervers. En effet, on craint que des familles soient forcées de se séparer pour avoir au moins une chance d’offrir un meilleur futur à leurs enfants.

Les infrastructures d’hébergement des jeunes migrants font également l’objet de controverse. Plusieurs rumeurs circulent sur les conditions de vie inhumaines au sein de ces dernières, notamment celle que les enfants seraient gardés dans des cages. L’administration Biden assure le public que les installations sont conformes aux normes officielles et qu’aucun enfant n’est traité de manière dégradante. Le fait demeure toutefois qu’à cause de la pandémie et des mesures sanitaires, les places dans les infrastructures d’accueil sont limitées. Cette problématique oblige l’administration à ériger des camps temporaires où, certes, les ressources sociales et psychologiques habituellement en place dans ce type de centre ne sont pas nécessairement disponibles.

Bref, la question de l’immigration continue de diviser au pays. Les controverses et problématiques dans le domaine ont connu une forte augmentation dans les dernières années avec des milliers de personnes provenant de l’Amérique Centrale tentant de fuir des conditions de pauvreté et de violence dans leur pays d’origine.

 

L’immigration dans le monde

Les migrations humaines ne sont bien évidemment pas uniquement le fait de cette région du monde. Voici un aperçu de la situation à l’échelle globale, simplement question de mettre les évènements à la frontière sud des États-Unis en perspective :

  • On compte 70,8 millions de migrants dans le monde qui sont soit en attente d’un statut de réfugié, soit apatrides ou encore déplacés à l’interne.

  • La plupart des migrants fuyant leur pays se rendent dans les pays voisins. La plupart de ces hôtes n’ont pas nécessairement les ressources, la structure administrative et les installations adéquates pour accueillir autant de personnes.

  • Dans les pays occidentaux, le nombre moyen de réfugiés acceptés par année se situe autour de 90 000 personnes, ce qui correspond à un très faible pourcentage de la demande globale annuelle.

Photo : Loren Elliott/Reuters

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