Quand la nuit tombe : le retour salutaire de Louis-Jean Cormier

Written by on 6 avril 2020

Vous étiez en manque de l’ancien meneur du groupe Karkwa ? Cinq ans après la sortie de son dernier album, Les grandes artères, Louis-Jean Cormier fait un retour en force avec son plus récent projet : Quand la nuit tombe. Troisième album solo de l’auteur-compositeur-interprète, il élargit cette fois ses horizons sonores en proposant un disque où le piano est à l’avant-plan. Regard sur ce qui s’annonce l’un des meilleurs albums québécois de l’année.

Un album sobre

Quand la nuit tombe, c’est un album où la guitare est totalement absente. C’est plutôt le piano, le synthétiseur et les percussions qui sont à l’honneur, pour l’artiste qui nous avait habitués au folk de sa carrière solo, ou encore au rock alternatif de Karkwa. Sobre, certes, mais travaillé. C’est ce qui ressort de l’écoute du nouvel album de Louis-Jean Cormier. Travaillant avec ses collaborateurs habituels Alex McMahon, Marc-André Larocque, Guillaume Chartrain et François Lafontaine (Karkwa), on ressent la synergie entre les musiciens sur chacune des pièces de l’album. S’y joint également le parolier Daniel Beaumont, avec qui il élabore d’une main de maître les textes très personnels de l’album. Notons au passage des collaborations avec le poète David Goudreault (ambassadeur de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Sherbrooke) ainsi que d’Alan Côté, qui ajoutent un vent de fraîcheur à Quand la nuit tombe.

Une belle énergie

L’esprit rock plane sur l’ensemble des pièces, mais on a droit à une bonne part de jazz et de hip-hop même, notamment dans la pièce 100 mètres haies qui ouvre l’album. Cette belle énergie se transporte dans Tout tombe à sa place, dont les synthétiseurs nous enveloppent de mélodies qui rappellent par moment Tame Impala. Puis, Cormier s’ouvre en parlant de la vie de tournée et l’effervescence médiatique dans la balade J’ai monté. La collaboration avec Goudreault sur la quatrième pièce de l’album, Les poings ouverts, est tout simplement électrisante. Ce message fort contre le racisme est probablement la meilleure pièce de l’album. S’enchaine Croire en rien, une balade aux inspirations de blues particulièrement touchante.

La seconde moitié de l’album est toute aussi excellente. Si les synthétiseurs de Face au vent s’improvisent guitares électriques dans le solo final, le tout s’amalgame à perfection avec Je me moi, la pièce la plus pop de l’album (avec une collaboration spéciale de Marie-Pierre Arthur) sur l’égocentrisme et les médias sociaux. Alors que Ravin fait écho à Karkwa avec ses mélodies rock, Toi aussi retourne à l’intimisme des premières pièces de l’album. La photo vient clore Quand la nuit tombe avec une ambiance mélancolique de fin du monde.

Au final, Louis-Jean Cormier nous offre, en pleine quarantaine, un album longuement mûri. Avec ce qui est probablement son meilleur album solo, Quand la nuit tombe se retrouvera certainement dans le palmarès des meilleurs albums québécois de l’année. Une nomination au prix Polaris est fort probablement à prévoir, bien que la compétition soit année après année très féroce. Rappelons tout de même que Les chemins de verre de Karkwa est le seul album francophone à avoir remporté cette compétition récompensant le meilleur album canadien de l’année.


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